Comment se défendre contre des étranglements de dos en étant assis au sol ?

Dans cette vidéo issue de la formation en ligne « Étude Martiale 8 », je vais vous apprendre comment vous défendre contre des étranglements (respiratoires ou sanguins), de dos, en étant assis au sol.

Un peu d’imagination…

Vous êtes en position assise à la plage et une personne vient s’asseoir derrière vous, en vous entourant de ses jambes laissant supposer à des intentions pas très amicales. Il s’agit là d’une situation très précise pour que vous ayez une vue d’ensemble mais nous sommes d’accord qu’en situation réelle, s’il en arrive là, c’est que vous l’avez un peu laissé faire… A moins qu’il se tape les fesses parterre en sautant et il tombe derrière vous par surprise…!

Par contre, et pour que ce soit plus cohérent en situation de self-défense, nous allons dire que vous êtes en train de lutter au sol et que vous vous retrouvez malencontreusement dans cette position. Aussi peu probable soit le scénario, tout est possible…

La situation se complique : cette personne est vraisemblablement là pour vous étrangler.

Deux sortes d’étranglements

  • Étranglement type « respiratoire », qui a pour but de comprimer la trachée
  • Étranglement type « commando » dit respiratoire et sanguin, les deux en même temps, qui a pour but de couper l’arrivée du sang au cerveau en comprimant les artères carotides.

Inutile de se leurrer, je ne suis pas là pour vous vendre du rêve ou de la poudre magique, je ne suis pas Nounours, Pimprenelle et compagnie, mais si l’agresseur s’y connait en matière d’étranglements et que vous êtes sa proie, il y a une énorme probabilité que vous y restiez… si son objectif est de vous tuer, bien entendu.

Pourquoi ? Parce qu’une fois que l’étranglement est verrouillé, cela devient très compliqué si l’agresseur serre très fort, surtout s’il utilise un étranglement de type commando. Pour l’avoir testé, je vous confirme que c’est très difficile de se sortir de ce genre de situation. Imaginez également si l’agresseur vous encercle de ses jambes, qu’il les verrouille fermement autour de vous, tout en vous collant et en maintenant son étranglement commando, puis qu’il ponte en arrière d’un coup sec, c’est très (très) compliqué.

Rapidité !

Mais pour ne pas être défaitiste, vous avez une fenêtre d’une seconde et c’est précisément celle-là que vous allez essayer d’utiliser.

Explications. Une nouvelle fois, cela peut ne pas fonctionner…  Vous voilà donc en mauvaise posture et vous sentez que cela va dégénérer : cela va faire mal mais rentrez bien la tête pour éviter que votre agresseur n’ait accès à votre cou. (vous ne serez plus étranglé)

  • Première chose : il se détend. Pourquoi ? A ce stade, il n’a aucune raison de se détendre, nous sommes d’accord.

Vous allez donc venir mettre vos pieds à plat et vous allez pousser vers l’arrière en tapant. Est-ce que vous croyez que vous avez le temps de viser ? Non. 

Pour maximiser votre efficacité, vous allez donc utiliser vos deux mains, grandes ouvertes et les doigts en avant puis vous poussez sur lui. Normalement il n’a pas de coquilles, il y a donc de fortes chances que vous lui écrasiez un peu les parties génitales.

Votre but premier est de le faire lâcher, c’est votre porte de sortie !

Vous allez donc lancer vos mains vers son visage afin de le déstabiliser, peut-être que vous allez louper votre cible, puis, tout en poussant sur vos pieds, vous allez agripper ses mains en les ramenant sur votre buste d’un coup sec afin de créer une ouverture.

Si on décompose… Positionnez bien vos pieds à plat, puis, tout en poussant vigoureusement, projetez vos mains grandes ouvertes vers le visage de votre agresseur et en saisissant ses mains afin de vous dégrafez de son emprise. Attention, une ouverture s’est peut-être créée mais vous n’êtes pas encore sortis d’affaire… 

  • Deuxième chose : il est maintenant primordial de vous échapper « du bon côté »…

Qu’est-ce que « le bon côté » ?

Prenons un exemple. Vous êtes parvenus à vous dégrafer mais sous stress et avec l’adrénaline, votre vision d’ensemble est trouble et, à ce moment, l’erreur à ne pas commettre serait de vous rabattre sur lui pour vous relever : vous allez directement vous retrouver dans sa garde (autrement dit dans ses griffes), c’est cela que j’appelle le mauvais côté.

Il est donc important d’essayer de rester logique, même si la situation ne le permet pas totalement. En utilisant les techniques citées plus haut, vous serez déjà positionnés sur le « bon côté » pour sortir. Il ne vous reste plus qu’à asséner une frappe à votre adversaire avant de partir, puis, de vous extraire le plus vite possible en se servant de lui et en n’oubliant pas de vous protéger !

S’offre à vous désormais deux choix : soit prendre la fuite, soit vous vengez en tapant « où cela fait mal », autrement dit aux parties génitales, ou plus violemment, à la tête. Mais ATTENTION : toutes vengeances seront punies, selon la Loi. C’est très important de ne pas l’oublier !

Aussi, ce qui compte le plus, c’est le démarrage : c’est-à-dire la rapidité et la manière dont vous allez réagir. Il est question, dans cette situation, des techniques dites « les moins pires ». Il serait bien évidemment presque suicidaire d’essayer de placer une clé articulaire pour vous sortir de cette emprise; Il faut rester réaliste : les clés c’est bien mais il y a des limites.

Commando

Sur l’étranglement commando, c’est la même chose, vous n’avez qu’une seconde ! Mêmes techniques : vos pieds bien à plat, poussez vers l’arrière tout en projetant vos mains/doigts vers le visage de votre agresseur et dégrafez. Dans ce genre de situation, votre plus gros risque est de ne pas essayer : tentez le tout pour tout !

La chance est avec vous et vous êtes parvenus à vous dégrafer de l’emprise de votre agresseur, c’est très bien MAIS attention : vous n’êtes pas encore totalement sauvé. Par instinct, sous l’effet du stress et de la panique, certaines personnes vont avoir le « réflexe » de se tourner du mauvais côté, c’est-à-dire vers le côté fermé, et c’est là tout le risque car si votre agresseur décide d’en finir avec vous, vous êtes coincés. Essayez de toujours regarder vers le bon côté et tournez-vous vers l’ouverture ! Également, prenez garde à ne pas l’emmener sur votre dos, cela semble évident.

En résumé

Frappez, griffez, pontez et dégrafez ! Si sa tête est à votre portée, frappez de nouveau, donnez-lui un coup de tête ou autre mais faîtes ce que vous pouvez comme vous le pouvez. Vient ensuite la « délivrance » : sortez du bon côté, côté ouverture… et si dans votre élan pour vous sortir de cette situation, vous atterrissez sur son rate 6 (point de pression situé à environ 3cms au dessus de la pointe de la malléole interne).

Par contre, restez vigilants et essayez de garder un œil sur votre agresseur qui reste dos à vous : un coup de pied peut partir très vite…

About The Author

Alexandre Acariès

Je m’appelle Alexandre Acariès. Je pratique les arts martiaux depuis 1993. J’ai tout d’abord débuté par le Karaté style Shotokan, puis je me suis orienté des années plus tard vers le style Shotokaï de l’école Égami Shigeru. Durant cette période, j’ai participé à plusieurs compétitions sportives et j’ai remporté quelques titres ici et là aussi bien en kata qu’en combat. Par la suite, j’ai commencé l’étude du Goshin Jutsu (self défense Japonaise) où j’ai pu améliorer mes connaissances, plus particulièrement dans le domaine des clés articulaires. Après avoir obtenu mon Diplôme d’Instructeur Fédéral (DIF) de Karaté FFKDA, j’ai fait mes premiers pas d’enseignant dans deux clubs de la région Toulousaine dont un que je dirigeais en totale autonomie. Parallèlement à cela, j’ai commencé l’étude du Krav-Maga dans un club FEKM sur Toulouse. Après avoir validé mon Brevet d’Etat d’Educateur Sportif 1er degré et mon 3ème Dan de Karaté, j’ai du déménager sur La Ciotat, dans le département des Bouches du Rhône. Quelques temps plus tard, j’obtiens le Diplôme d'État de la Jeunesse, de l'Éducation Populaire et du Sport (DEJEPS) en Karaté et un Brevet de Moniteur Fédéral FFSCDA 2ème degré en "Contact Défense".Désireux de continuer mon apprentissage en Krav-Maga, j’ai décidé d’aller me former directement sur Paris avec une personne que je considère comme l’un des meilleurs experts de la discipline, Mr Alain Formaggio (6ème Dan, membre de la commission nationale de Krav-Maga FFKDA). J’ai donc redémarré de zéro et j’ai repassé, sur plusieurs années, mes grades un par un, de la jaune à la ceinture noire 3ème degré et j’ai été nommé Instructeur de la Krav-Maga International Federation, dont je suis l’actuel représentant pour le département des Bouches du Rhône. Je me suis également présenté, avec l’accord de Mr Formaggio, à l’examen du 4ème Dan de Krav-Maga FFKDA, que j’ai validé en mai 2013 à Montpellier.Parallèlement à tout cela, toujours désireux d’en apprendre d’avantage, je décide d’entamer une nouvelle formation avec un autre grand expert, ce coup-ci en Penchak Silat. J’ai donc contacté Mr Franck Ropers (7ème degré de Penchak Silat) et je suis de nouveau retourné plusieurs fois sur Paris pour suivre ma formation et gravir les échelons de grade un à un. Quelques temps plus tard, je reçois des mains de Mr Ropers la ceinture noire 1er degré de Penchak Silat (spécifiquement axée sur la partie self défense de la discipline) et un diplôme de Professeur de l’Académie Franck Ropers, dons je suis également l’actuel représentant pour le département du 13.Fin 2014, j’entame une nouvelle formation complémentaire en Kyusho Jitsu (art des points de pression) avec l’équipe d’Experts de l’association Kyusho France. Après avoir suivi le cursus de formation, je valide après examen ma ceinture noire 1er Dan de Kyusho Jitsu D.K.I (Dillman Karaté International) À aujourd’hui, je continue mon perfectionnement dans chacune de ces disciplines et je suis régulièrement des stages dans d’autres disciplines de combat pour enrichir mes connaissances. Je m’occupe également, avec le soutien de ma famille, de mon nouveau club installé sur La Ciotat depuis 2012, le Shin Gi Tai Do, qui compte actuellement plus de 160 élèves.

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