rester humble face à une agression au couteau

Pourquoi rester HUMBLE face à une AGRESSION au COUTEAU [Self défense]

Les faits divers relatant des attaques aux couteaux se sont multipliés au cours des dernières décennies, et si les statistiques sont particulièrement lacunaires à ce sujet, il y aurait en France environ 120 attaques au couteau… Par jours !

Développer des techniques de défense contre un couteau (et par extension, toutes les armes blanches) est devenu une problématique majeure dans les disciplines d’autodéfense.

Malheureusement les choses ne sont pas si simple et même si la self-défense propose des pistes intéressantes, les attaques au couteau représentent toujours des menaces d’une extrême gravité.

L’imprévisibilité, facteur clé

Deux facteurs expliquent la si grande difficulté à se défendre contre un couteau.

Premièrement, la nature de l’arme utilisée pour agresser.

Lorsque l’on parle d’attaque au couteau, nous englobons en réalité toutes les typologies d’armes blanches dites « tranchantes » : Couteau de cuisine, à cran d’arrêt, à lame fixe, à simple ou double tranchant, couteau papillon, karambit, surin, machette, etc…

Il existe une multitude de lames, et donc une multitude de situations qu’il serait fastidieux d’énumérer.

Et l’on ne se défend évidemment pas de la même façon contre un couteau de cuisine que contre une machette, même si les concepts clés demeurent les mêmes.

Certaines armes sont très visibles (utilisées principalement pour intimider), d’autres sont taillées pour la discrétion et ont donc un profil pensé pour l’homicide.

La question est donc, comment se défendre contre une arme que l’on ne voit ?

Deuxième facteur d’imprévisibilité, la nature de l’agression. S’agit-il d’une simple menace, ou l’agresseur veut-il vous tuer ?

Si la coopération s’impose dans le premier cas, la seconde hypothèse est beaucoup plus problématique et c’est cette dernière que nous essayons de travailler à l’entraînement.

Dans le pire des cas, un agresseur déterminé à vous tuer le fera le plus discrètement possible pour ne pas éveiller votre attention, et ne sortira son arme qu’au dernier moment, rapidement, en visant une zone létale si possible.

Le constat tiré par les professionnels est le suivant : Il est quasiment impossible de sortir indemne d’une agression au couteau ; la victime se fera inévitablement trancher.

Les élèves doivent être préparés à cet état de fait et entraînés en conséquence, de façon à limiter la casse et prendre la fuite le plus vite possible.

C’est pourquoi nous insistons autant sur des problématiques parallèles mais intrinsèquement liées, comme l’état d’éveil en extérieur, l’analyse des menaces. Ce travail pédagogique est d’autant plus essentiel de nos jours que les citoyens sont de moins en moins « concentrés » dans la rue, absorbés par des stimuli secondaires comme les notifications de leurs smartphones. Ils sont en confiance et s’offrent donc en quelque sorte en pâture aux prédateurs.

Comment de tels individus pourraient voir venir une attaque ?

push dagger

Une arme vicieuse

Contrairement à une arme à feu dont on peut appréhender la trajectoire des projectiles selon l’orientation du canon et éventuellement préparer une riposte (à courte distance, naturellement), une attaque au couteau peut venir de n’importe où, de n’importe quel angle et vers n’importe quelle cible.

Difficile d’anticiper quoi que ce soit.

Sachant qu’un coup est porté en moins d’une seconde, il est en réalité plus compliqué de se défendre contre un couteau que contre une arme à feu, à courte portée. Il est aussi mortel qu’une arme à feu à cette distance… Voire même plus.

En effet, une balle va perforer un individu de part en part et provoquer une importante perte de sang, mais il est assez difficile de faire mouche sur la cible désirée de près, pour peu que la victime soit en mouvement. Atteindre un point vital n’est donc pas si facile que ce que l’on peut voir dans les films. Quant au pouvoir d’arrêt d’une arme à feu, c’est-à-dire la capacité d’une munition à stopper un individu dès le premier impact, il est souvent assez faible, surtout dans le cas d’armes de poing chambrées en 9mm.

Pour se représenter cela, imaginez un individu foncer vers vous. Le pouvoir d’arrêt d’une balle de 9mm est faible par exemple, cette munition ne délivrant pas à l’impact suffisamment d’énergie pour stopper la course de l’attaquant. Ce dernier continue donc sa lancée et c’est pour cela que de nombreux cas ont été documentés aux États-Unis où un déséquilibré à pu foncer sur un policier et le planter même après s’être fait cribler de balles. Ces dernières n’ont pas pu stopper la course de l’assaillant, car elles n’ont pas atteint de point vital et n’ont pas réussi à l’incapaciter significativement.

Il s’agit d’une schématisation grossière, et bien entendu la situation varie grandement selon la munition utilisée.

L’idée à retenir est qu’une balle peut ne pas stopper de façon décisive un individu en mouvement.

De plus, une arme à feu peut connaître des incidents de tirs, ce qui rend l’arme dysfonctionnelle et donc inutile. Ces incidents de tir peuvent être provoqués, en réussissant à dévier le premier tir tout en enserrant le canon de l’arme avec une main (ce qui va perturber le recul de la culasse et donc l’engagement de la munition dans la chambre). Il s’agit d’une technique de self-défense relativement bien documentée (mais qui ne concerne que les armes de poing semi-automatiques).

À l’inverse, un couteau se faufile partout, n’a pas besoin de munition, ne s’enraye pas, peut changer de main en court de route, …

C’est une arme très imprévisible, qui reste dangereuse tant qu’elle est à portée de main.

Contrairement à une balle, les couteaux tranchent et infligent donc des blessures en surface, mais ils peuvent AUSSI perforer et infliger des blessures en profondeurs (et atteindre des points vitaux, donc).

Il s’agit donc d’une arme plus versatile et polyvalente à courte distance.

Quelle conclusion en tirer

Fort heureusement, la majorité des agressions au couteau ne sont pas mortelles d’après les statistiques, car les victimes sont généralement tailladées en surface et peuvent donc souvent être secourues si prises en charge suffisamment vite.

La raison est simple : La majorité des agressions au couteau n’ont pas vocation à tuer la victime mais à la dépouiller. Lorsqu’un coup est porté, c’est que la victime n’a pas été suffisamment coopérative et que les agresseurs ont voulu lui mettre un coup de pression.

En cas d’attaque réelle, où l’assaillant veut vraiment tuer… Les choses changent du tout au tout.

La self-défense n’a pas réponse à tout, mais elle prépare les élèves à appréhender un maximum de situation, dont les attaques au couteau dans le cadre d’un individu déterminé à tuer.

Pourtant même à l’entraînement, dans le confort d’une salle, avec des partenaires, il est très difficile de ne pas se faire toucher.

De plus, imaginons maintenant un agresseur déterminé à vous trancher… Cet agresseur a un autre bras, et des pieds. Rien ne l’empêche donc de les utiliser !

Une fois que l’on a compris cela, on comprend qu’il faut donc rester humble face aux couteaux et ne pas jouer aux héros. Si vous avez la chance de n’être « que » menacés… Coopérez au maximum, même si ça fait mal à l’égo.

Les qu’en-dira-t-on n’ont aucune importance. Qui est en vie, à la fin de la journée ?

About The Author

Tutos Self défense

Je m’appelle Alexandre Acariès. Je pratique les arts martiaux depuis 1993. J’ai tout d’abord débuté par le Karaté style Shotokan, puis je me suis orienté des années plus tard vers le style Shotokaï de l’école Égami Shigeru. Durant cette période, j’ai participé à plusieurs compétitions sportives et j’ai remporté quelques titres ici et là aussi bien en kata qu’en combat. Par la suite, j’ai commencé l’étude du Goshin Jutsu (self défense Japonaise) où j’ai pu améliorer mes connaissances, plus particulièrement dans le domaine des clés articulaires. Après avoir obtenu mon Diplôme d’Instructeur Fédéral (DIF) de Karaté FFKDA, j’ai fait mes premiers pas d’enseignant dans deux clubs de la région Toulousaine dont un que je dirigeais en totale autonomie. Parallèlement à cela, j’ai commencé l’étude du Krav-Maga dans un club FEKM sur Toulouse. Après avoir validé mon Brevet d’Etat d’Educateur Sportif 1er degré et mon 3ème Dan de Karaté, j’ai du déménager sur La Ciotat, dans le département des Bouches du Rhône. Quelques temps plus tard, j’obtiens le Diplôme d'État de la Jeunesse, de l'Éducation Populaire et du Sport (DEJEPS) en Karaté et un Brevet de Moniteur Fédéral FFSCDA 2ème degré en "Contact Défense". Désireux de continuer mon apprentissage en Krav-Maga, j’ai décidé d’aller me former directement sur Paris avec une personne que je considère comme l’un des meilleurs experts de la discipline, Mr Alain Formaggio (6ème Dan, membre de la commission nationale de Krav-Maga FFKDA). J’ai donc redémarré de zéro et j’ai repassé, sur plusieurs années, mes grades un par un, de la jaune à la ceinture noire 3ème degré et j’ai été nommé Instructeur de la Krav-Maga International Federation, dont je suis l’actuel représentant pour le département des Bouches du Rhône. Je me suis également présenté, avec l’accord de Mr Formaggio, à l’examen du 4ème Dan de Krav-Maga FFKDA, que j’ai validé en mai 2013 à Montpellier. Parallèlement à tout cela, toujours désireux d’en apprendre d’avantage, je décide d’entamer une nouvelle formation avec un autre grand expert, ce coup-ci en Penchak Silat. J’ai donc contacté Mr Franck Ropers (7ème degré de Penchak Silat) et je suis de nouveau retourné plusieurs fois sur Paris pour suivre ma formation et gravir les échelons de grade un à un. Quelques temps plus tard, je reçois des mains de Mr Ropers la ceinture noire 1er degré de Penchak Silat (spécifiquement axée sur la partie self défense de la discipline) et un diplôme de Professeur de l’Académie Franck Ropers, dons je suis également l’actuel représentant pour le département du 13. Fin 2014, j’entame une nouvelle formation complémentaire en Kyusho Jitsu (art des points de pression) avec l’équipe d’Experts de l’association Kyusho France. Après avoir suivi le cursus de formation, je valide après examen ma ceinture noire 1er Dan de Kyusho Jitsu D.K.I (Dillman Karaté International) À aujourd’hui, je continue mon perfectionnement dans chacune de ces disciplines et je suis régulièrement des stages dans d’autres disciplines de combat pour enrichir mes connaissances. Je m’occupe également, avec le soutien de ma famille, de mon nouveau club installé sur La Ciotat depuis 2012, le Shin Gi Tai Do, qui compte actuellement plus de 160 élèves.

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