survie ou légitime défense

LÉGITIME DÉFENSE ou SURVIE : Que faut-il PRIVILÉGIER en COMBAT DE RUE

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En self-défense un bon entraînement passe par une bonne structure : Toucher ses cibles (pour ne pas ancrer de fausses distances de frappe dans la mémoire motrice), mimer les réactions, ne pas être trop complaisant avec le partenaire, etc…

Or justement, en parlant de complaisance, vient le sujet des limites de la légitime défense face à la survie, deux principes diamétralement opposée quand on commence à parler de combat de rue.

La self-défense est-elle trop violente ?

La première réflexion qu’un spectateur profane pourrait se faire en voyant le contenu d’un enseignement type self-défense, c’est à quel point les enseignants poussent leurs élèves à être radicaux dans leurs ripostes. Casser des membres, crever des yeux, exploser les parties génitales, …. Que de violence !

En effet, quand on compare le propos à celui des arts martiaux modernes, où le discours est plutôt policé, on constate une fracture nette entre ces deux univers.

Dans les arts martiaux, le combat est bien entendu abordé mais l’on peut observer une part importante réservée aux valeurs morales, à la rigidité des situations, ainsi qu’à une certaine spiritualité. Les arts martiaux sont très codifiés, et les attaques le sont tout autant.

Les percussions sont propres, les contrôles sont privilégiés, la perfection technique est un idéal à atteindre, bref une certaine esthétique est recherchée dans les arts martiaux modernes, voire une certaine hygiène de vie… Au détriment bien souvent de l’efficacité réelle des techniques.

Pourtant à la base, les arts MARTIAUX étaient destinés à un tout autre usage…

Bien entendu ce constat varie selon les styles, et surtout selon les enseignants.

Malheureusement notre société est profondément marquée par le mythe des arts martiaux destructeurs, des ceintures noires grands maîtres de leur art et invincibles… La faute à un manque de recul de la population par rapport aux médias véhiculant ces chimères, sans doute ?

Toujours est-il que lorsque l’on part d’un tel postulat, le malaise est parfois palpable lorsque certaines personnes encore vierges de toute violence réelle font face à un discours de type self-défense, autrement plus radical et détaché de tout esthétisme.

Il n’est en effet plus question de distances de frappe codifiées, de coups de poings linéaire, de kiai ou de coups de pieds sautés à 360°. La self-défense prône fondamentalement des techniques simples (même brouillonnes si besoin), mais avec un maximum d’efficacité. Et parmi ces techniques, nous retrouvons bien entendu des frappes incapacitantes au maximum, et donc très violentes.

Mais tout autant « violent » que puisse paraître cet enseignement, il n’a finalement pour but que de préparer l’élève à la réalité des agressions, elles-mêmes d’une rare violence. Un enseignement réaliste se doit donc d’être le reflet du terrain, si l’on suit la logique de la discipline.

L’idée étant, en habituant l’élève à des situations violentes, de ne pas le laisser démuni, sidéré, s’il se retrouve face à une telle situation, puisque ce dernier sera (un peu) en terrain familier.

Un mal pour un bien, en somme.

Mais si la self-défense conseille de combattre le feu par le feu, comment concilier cet état d’esprit avec la légitime défense ?

pic des doigts aux yeux
L’autodéfense est une discipline qui ne doit pas lésiner sur les moyens

La loi de la jungle

À l’heure où ces lignes sont rédigées, la loi française impose des conditions précises pour que soit reconnue la légitime défense, par le biais de l’article 122-5 du Code Pénal.

Nous ne reprendrons pas ces critères qui ont déjà été abordés dans un précédent article du blog, mais toujours est-il qu’une loi existe et qu’elle doit être respectée.

La riposte doit être nécessaire, immédiate et proportionnelle, pour remettre les choses dans leur contexte.

Dans un monde parfait, le texte se suffirait à lui-même et, par ailleurs, les citoyens honnêtes n’auraient pas à en craindre l’application car nous pourrions supposer qu’il va dans le sens des victimes.

Les choses étant ce qu’elles sont, les lois sont cependant interprétées différemment selon les juridictions, au cas par cas, et deux affaires strictement identiques peuvent être jugées de deux façon différentes, ce qui crée un sentiment d’insécurité juridique pour les citoyens, qui ne savent pas sur quel pied danser au niveau de la légitime défense. Qu’est-ce qui est permis ? Qu’est-ce qui ne l’est pas ? En l’état, bien malin celui qui saurait trancher la question !

C’est un sujet éminemment polémique que nous nous garderons de trop commenter, mais toujours est-il que le constat est le suivant : Les victimes d’agressions peuvent, sous certaines conditions (lorsque les agresseurs portent plainte en premier par exemple), se voir traînées en justice en raison des dégâts causés aux agresseurs.

C’est une triste réalité que chacun doit prendre en compte, ce qui n’est pas sans ajouter au stress des victimes ayant réagit « disproportionnellement ».

Pourtant la self-défense continue de dire « casser les genoux de l’agresseur », « crevez-lui les yeux », « démettez-lui l’épaule », etc…

Ce qui semble totalement inconciliable avec la conception française de la légitime défense, qui encourage tant que faire se peut à la non-violence et sanctionne les ripostes trop agressives.

Il s’agit là du principal point de crispation entre la théorie et la pratique, et chacun doit être conscient des dangers qu’il encourt dans l’un ou l’autre de ses choix.

Le rôle d’un enseignant est donc aussi de sensibiliser vis-à-vis de la gravité de ces choix.

Il est sans cesse répété de prendre la fuite dès que l’occasion se présente, mais il est des situations (rares) où cette option est exclue et où il faut choisir entre la soumission ou la riposte.

Dans le premier cas, votre vie est menacée, et ce choix peut donc aboutir à votre décès. Dans le second, votre liberté est menacée car vous vous exposerez potentiellement à un retour de bâton des juges.

Chacun est libre de placer le curseur de ses priorités où il le désire, mais le rôle de la self-défense est de préparer l’élève à ce choix. Dans la mesure où la soumission ne nécessite que de se rouler en boule et d’attendre, l’enseignement de la self-défense ne peut logiquement se dédier corps et âme qu’à la seconde option, c’est-à-dire la riposte.

Or pour que cette dernière soit décisive, elle se doit bien entendu d’être violente. Être trop complaisant, trop doux avec un agresseur qui veut vous nuire, se retournera nécessairement contre vous, car vos frappes ne sauront le mettre hors d’état de nuire.

C’est un état des lieux que nul ne peut nier.

En somme, chacun se fera sa propre opinion de la légitime défense. Cela dit la réaction à une agression ne pourra se résumer que de deux façon : Se laisser faire ou se défendre, lorsque la fuite est impossible.

Puisque la self-défense est la discipline qui consiste à se défendre (ou défendre autrui), il devient donc plus simple de comprendre que c’est l’angle de la survie qui est privilégié en cours, et non celui du pacifisme.

L’objectif étant non pas de créer des hordes d’élèves assoiffés de sang mais d’habituer ces élèves à la violence d’une part (ce qui aura pour effet de diminuer les chances qu’ils soient tétanisés en situation de stress intense), et de leur offrir une option supplémentaire d’autre part, la riposte, dont l’emploi sera une affaire d’opportunité que chacun sera libre ou non d’exercer, en connaissance de cause.



Article 122-5 du Code Pénal (légitime défense): https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006417218&cidTexte=LEGITEXT000006070719&dateTexte=19940301

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