Quelles sont les DIFFÉRENCES entre les ARTS MARTIAUX, les SPORTS DE COMBAT et la SELF DÉFENSE ?

Dans cette vidéo, extraite de la formation en ligne « Études Martiales : Défenses contre armes », découvrez les principales différences entre les arts martiaux, les sports de combat et la self défense.

Art martial, sport de combat, self-défense : quelles différences ?

Selon moi, il est question de 3 pratiques différentes : arts martiaux, sports de combat et self défense. Même si elles peuvent se compléter entre elles, les buts ne sont pas tout à fait les mêmes

Sports de combat

Pour moi, les sports de combat, c’est redoutable parce que les pratiquants sont des puncheurs : que ce soit dans le domaine de la boxe, de la savate, ou du pancrace, ce sont des pratiques où on s’envoie clairement « sur la tronche » et il est certain que les pratiquants n’ont pas peur des coups !

Cependant, il est important de noter que nous sommes-là dans un domaine sportif; Cela veut dire que le combat dure dans le temps, on est dans un cadre précis : sur un ring, dans une zone délimitée, il y a un arbitre, etc… On est dans le côté sportif.

Mais cela ne veut pas dire que ces gens-là ne seront pas se défendre dans la rue, cela veut dire que si tu fais un sport de combat, tu ne fais pas de la self-défense – pourquoi ?

Je vais parler de ce que je connais, le karaté. Dans les compétitions sportives de karaté, il y a des techniques à privilégier pour gagner des points…

La personne, qu’est-ce qu’elle veut faire ? Elle ne veut pas faire de la self-défense, elle veut faire du sport de combat donc elle veut gagner : une récompense, une médaille, une coupe ou même de l’argent parfois… Elle va donc privilégier certaines techniques pour gagner le maximum de points et faire en sorte que le combat s’arrête rapidement. Or, les techniques codifiées ou sportives sont parfois extrêmement dangereuses dans la rue !

Cela ne veut pas dire que ce n’est pas efficace, cela veut dire qu’il faut faire attention au contexte dans lequel vous l’appliquez !

Prenons un exemple. Vous avez fait un combat au sol et vous vous retrouvez en position de Juji Gatame… OUI, vous pouvez casser un bras à votre adversaire, mais en self-défense, vous allez faire quoi dans cette situation ? Vous faire piétiner le visage et vous faire agresser, voilà ce que vous risquez de « gagner » ! Ce n’est pas de la self, c’est du domaine sportif, c’est la différence que je veux vous faire comprendre.

Arts martiaux

L’art martial, c’est quoi ? Il y a plein de subtilités.

Selon moi, l’art martial est plus proche de la self-défense que du sport de combat. Même s’il y a une partie sport de combat dans les arts martiaux…

Bien qu’il soit tout à fait possible de faire des sports de combat en y mettant tout son cœur et toutes ses tripes, tant que cela devient un mode de vie, cela ne signifie pas qu’on peut l’adapter sur n’importe quoi et dans n’importe quelle situation !

Parce qu‘un art martial, c’est un rituel, un mode de vie… Parce qu’il y a tout un univers autour avec des principes, un code moral et des valeurs… Dès que l’on va dans ce sens-là, très « ritualisé », on parle d’art martial.

Mais il faut aussi comprendre qu’un sport de combat peut se transformer en art martial selon la façon dont vous le pratiquez…

Self-défense

Et puis, il y a la self-défense, c’est vraiment un domaine à part : c’est utiliser toutes les techniques que l’on connait pour être en survie !

Dans la pratique dojo des arts martiaux, on ne pense pas forcément à la survie, on pense plus à la technicité, à la beauté du geste pour certains, à la perfection technique, comme le poing bien à la hanche, en karaté par exemple.

Tout ceci est excellent, mais il faut savoir pourquoi on le fait : pour la beauté de l’art martial en lui-même, pour la gestion du corps, du physique… C’est très bien mais si on me dit qu’un tsuki avec poing à la hanche, c’est fait pour la self-défense, je vais répondre « remets-toi en question parce que tu vas morfler » !

Je suis un peu radical, mais c’est mon avis et je pense que dans la self-défense, il faut prendre parti !

Bien sûr, chacun fait ce qu’il veut mais il y en a qui vont vous dire « ah oui, mais si tu veux, tu peux faire ça en self défense… oui très bien, tu fais comme tu le sens… » NON !

Je ne vais pas vous dire que j’ai la vérité universelle mais je ne veux pas vous mentir :

  • les techniques de dojo = attention en self défense,
  • les techniques sportives = attention en self défense…

Mais au final nous sommes tous d’accord qu’une gifle c’est une gifle, qu’un coup de poing dans la bouche, c’est un coup de poing dans la bouche, cela passera autant sur un ring que dans la rue…

Notion de contact

Par contre, attention, chaque individu est différent : cela dépend du professeur, cela dépend des techniques, etc… mais quelqu’un qui est conditionné au sport de combat, à encaisser des coups de poings quasiment tout le temps – puisque c’est un peu l’idée d’un sport de combat…est également conditionné et connait parfaitement la notion de contact !

Ce n’est pas le cas dans tous les arts martiaux.

Par exemple, au karaté, il m’a fallu 15 ans pour que je m’en prenne une « dans la tronche » ! Parce qu’un jour, j’ai fait un stage avec un pratiquant de Kempo et qu’il m’a mis une frappe au visage, tant que j’en ai eu les larmes aux yeux… J’étais pourtant 3ème Dan de Karaté. Mais au Karaté ce sont en général des techniques où on se frôle la tête, – pour ne pas dire qu’on ne se touche quasiment jamais -, au bout d’un moment, quand tu t’en prends une par un boxeur ou autre, tu te dis « zut, qu’est-ce qu’il se passe ? il y a quelque chose qui ne va pas… »avec ta larme à l’œil…

Donc, dans l’idée c’est cela : apprenez à distinguer self défense, arts martiaux et sports de combat.

About The Author

Alexandre Acariès

Je m’appelle Alexandre Acariès. Je pratique les arts martiaux depuis 1993. J’ai tout d’abord débuté par le Karaté style Shotokan, puis je me suis orienté des années plus tard vers le style Shotokaï de l’école Égami Shigeru. Durant cette période, j’ai participé à plusieurs compétitions sportives et j’ai remporté quelques titres ici et là aussi bien en kata qu’en combat. Par la suite, j’ai commencé l’étude du Goshin Jutsu (self défense Japonaise) où j’ai pu améliorer mes connaissances, plus particulièrement dans le domaine des clés articulaires. Après avoir obtenu mon Diplôme d’Instructeur Fédéral (DIF) de Karaté FFKDA, j’ai fait mes premiers pas d’enseignant dans deux clubs de la région Toulousaine dont un que je dirigeais en totale autonomie. Parallèlement à cela, j’ai commencé l’étude du Krav-Maga dans un club FEKM sur Toulouse. Après avoir validé mon Brevet d’Etat d’Educateur Sportif 1er degré et mon 3ème Dan de Karaté, j’ai du déménager sur La Ciotat, dans le département des Bouches du Rhône. Quelques temps plus tard, j’obtiens le Diplôme d'État de la Jeunesse, de l'Éducation Populaire et du Sport (DEJEPS) en Karaté et un Brevet de Moniteur Fédéral FFSCDA 2ème degré en "Contact Défense".Désireux de continuer mon apprentissage en Krav-Maga, j’ai décidé d’aller me former directement sur Paris avec une personne que je considère comme l’un des meilleurs experts de la discipline, Mr Alain Formaggio (6ème Dan, membre de la commission nationale de Krav-Maga FFKDA). J’ai donc redémarré de zéro et j’ai repassé, sur plusieurs années, mes grades un par un, de la jaune à la ceinture noire 3ème degré et j’ai été nommé Instructeur de la Krav-Maga International Federation, dont je suis l’actuel représentant pour le département des Bouches du Rhône. Je me suis également présenté, avec l’accord de Mr Formaggio, à l’examen du 4ème Dan de Krav-Maga FFKDA, que j’ai validé en mai 2013 à Montpellier.Parallèlement à tout cela, toujours désireux d’en apprendre d’avantage, je décide d’entamer une nouvelle formation avec un autre grand expert, ce coup-ci en Penchak Silat. J’ai donc contacté Mr Franck Ropers (7ème degré de Penchak Silat) et je suis de nouveau retourné plusieurs fois sur Paris pour suivre ma formation et gravir les échelons de grade un à un. Quelques temps plus tard, je reçois des mains de Mr Ropers la ceinture noire 1er degré de Penchak Silat (spécifiquement axée sur la partie self défense de la discipline) et un diplôme de Professeur de l’Académie Franck Ropers, dons je suis également l’actuel représentant pour le département du 13.Fin 2014, j’entame une nouvelle formation complémentaire en Kyusho Jitsu (art des points de pression) avec l’équipe d’Experts de l’association Kyusho France. Après avoir suivi le cursus de formation, je valide après examen ma ceinture noire 1er Dan de Kyusho Jitsu D.K.I (Dillman Karaté International) À aujourd’hui, je continue mon perfectionnement dans chacune de ces disciplines et je suis régulièrement des stages dans d’autres disciplines de combat pour enrichir mes connaissances. Je m’occupe également, avec le soutien de ma famille, de mon nouveau club installé sur La Ciotat depuis 2012, le Shin Gi Tai Do, qui compte actuellement plus de 160 élèves.

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