comment travailler les clés de doigts

Comment TRAVAILLER les CLÉS DE DOIGTS en SELF DÉFENSE

Le travail des clés articulaires est relativement marginal dans les méthodes de self-défense orientées civils, ces derniers n’étant normalement pas amenés à maîtriser et contrôler un élément hostile.

En revanche, ces exercices sont excellents pour faire assimiler les fondamentaux de la biomécanique aux débutants, qui connaissent généralement mal leurs corps.

Le travail des clés s’inscrit donc dans une démarche pédagogique globale et permet d’initier le public aux clés articulaires qui, même si elles ne sont pas étudiées en détail, peuvent toutefois se révéler être des techniques de circonstances efficaces.

Les clés articulaires sont nombreuses, variées et très techniques. Dans notre article du jour, nous utiliserons l’exemple des clés de doigts afin d’illustrer notre vision du processus pédagogique devant sous-tendre l’entraînement.

Travailler en douceur

Le premier pallier à franchir pour les débutants sera d’accepter la douleur, car douleur (modérée) il y aura. La douleur fait partie intégrante de toutes disciplines mettant en scène un affrontement, et il vaut mieux s’habituer à gérer la douleur au club que le jour J dans la rue.

La confiance est la deuxième étape : Confiance en soi, en sa gestuelle, et confiance en son partenaire.

Pour franchir ces deux étapes, il est important pour les débutants de commencer l’apprentissage des clés en douceur.

Pour ce faire, il est recommandé de ne pas brusquer les gestes et d’habituer les deux partenaires à la clé. Dans l’exemple de la clé de doigt, cela passe par la préhension des doigts, fermement certes mais sans les broyer, puis de commencer à bouger le partenaire dans plusieurs sens (de haut en bas, sur les côtés).

Celui qui joue le rôle de l’agresseur acquiert une meilleure compréhension du ressenti (au niveau de la douleur). Quant à celui qui joue le rôle de la victime, il assimile la technique et le dosage de la clé.

Une action entraîne une réaction, et la réaction face à la douleur est le retrait de la zone à l’origine de la douleur. Travailler de la sorte permet d’éviter les frustrations liées à la douleur, et que les deux parties se raidissent.

Une fois la confiance installée, on peut augmenter petit à petit la contrainte articulaire, jusqu’au seuil de douleur (à charge pour la personne subissant la clé de suivre le mouvement que lui impose la contrainte articulaire, bien entendu).

Autre vertu du travail des clés articulaire, l’intégration des placements dans l’espace. Pour reprendre les clés de doigt, c’est par exemple comprendre à quel moment la personne qui exerce la clé est exposée, et à quel moment elle ne l’est pas (lorsque j’exerce une pression vers le bas, comment se place mon agresseur ? Dans cette configuration, suis-je exposé à un coup ? Si oui, lesquels ?).

Le pratiquant se crée ainsi des « images mentales », des stéréotypes qui l’aident à mieux anticiper les réactions (principe du déjà-vu).

Inutile de commencer en force au début, donc.

gestion des angles exposés suite à une clé de doigt
Travailler lentement permet de mieux analyser les réactions et, notamment, le placement des deux individus suite à une action (en l’occurrence l’exposition du flanc droit)

Comprendre le fonctionnement d’une articulation

Les débutants sont perturbés par le craquement des articulations, croyant avoir causé des dégâts (alors que ce son n’est en réalité qu’une surpression dans les articulation qui provoque l’« éclatement » d’une bulle de gaz contenu dans le liquide synovial, ce dernier servant de lubrifiant aux articulations). Travailler lentement permet de comprendre à quel moment survient réellement la douleur, et intègrent mieux qu’il n’y a pas de corrélation entre craquement des articulation et douleur réelle.

Il faut garder à l’esprit que de moins en moins d’individus sont à l’écoute de leurs corps et comprennent son fonctionnement. Il y a un véritable travail de (ré)éducation à faire sur les débutants, qui ne comprennent pas toujours les réactions d’un individu face à la douleur, réactions qui peuvent paraître de bon sens pour des initiés…

Cette méconnaissance des fondamentaux entraîne d’ailleurs souvent des remarques peu éclairées, du type « si je fais ça, il peut me faire ça… » (en ayant complètement occulté le fait que l’agresseur ait accusé réception d’une percussion dans les parties génitales par exemple).

Le travail des clés articulaires est un bon moyen de contribuer à cet éveil.

About The Author

Tutos Self défense

Je m’appelle Alexandre Acariès. Je pratique les arts martiaux depuis 1993. J’ai tout d’abord débuté par le Karaté style Shotokan, puis je me suis orienté des années plus tard vers le style Shotokaï de l’école Égami Shigeru. Durant cette période, j’ai participé à plusieurs compétitions sportives et j’ai remporté quelques titres ici et là aussi bien en kata qu’en combat. Par la suite, j’ai commencé l’étude du Goshin Jutsu (self défense Japonaise) où j’ai pu améliorer mes connaissances, plus particulièrement dans le domaine des clés articulaires. Après avoir obtenu mon Diplôme d’Instructeur Fédéral (DIF) de Karaté FFKDA, j’ai fait mes premiers pas d’enseignant dans deux clubs de la région Toulousaine dont un que je dirigeais en totale autonomie. Parallèlement à cela, j’ai commencé l’étude du Krav-Maga dans un club FEKM sur Toulouse. Après avoir validé mon Brevet d’Etat d’Educateur Sportif 1er degré et mon 3ème Dan de Karaté, j’ai du déménager sur La Ciotat, dans le département des Bouches du Rhône. Quelques temps plus tard, j’obtiens le Diplôme d'État de la Jeunesse, de l'Éducation Populaire et du Sport (DEJEPS) en Karaté et un Brevet de Moniteur Fédéral FFSCDA 2ème degré en "Contact Défense". Désireux de continuer mon apprentissage en Krav-Maga, j’ai décidé d’aller me former directement sur Paris avec une personne que je considère comme l’un des meilleurs experts de la discipline, Mr Alain Formaggio (6ème Dan, membre de la commission nationale de Krav-Maga FFKDA). J’ai donc redémarré de zéro et j’ai repassé, sur plusieurs années, mes grades un par un, de la jaune à la ceinture noire 3ème degré et j’ai été nommé Instructeur de la Krav-Maga International Federation, dont je suis l’actuel représentant pour le département des Bouches du Rhône. Je me suis également présenté, avec l’accord de Mr Formaggio, à l’examen du 4ème Dan de Krav-Maga FFKDA, que j’ai validé en mai 2013 à Montpellier. Parallèlement à tout cela, toujours désireux d’en apprendre d’avantage, je décide d’entamer une nouvelle formation avec un autre grand expert, ce coup-ci en Penchak Silat. J’ai donc contacté Mr Franck Ropers (7ème degré de Penchak Silat) et je suis de nouveau retourné plusieurs fois sur Paris pour suivre ma formation et gravir les échelons de grade un à un. Quelques temps plus tard, je reçois des mains de Mr Ropers la ceinture noire 1er degré de Penchak Silat (spécifiquement axée sur la partie self défense de la discipline) et un diplôme de Professeur de l’Académie Franck Ropers, dons je suis également l’actuel représentant pour le département du 13. Fin 2014, j’entame une nouvelle formation complémentaire en Kyusho Jitsu (art des points de pression) avec l’équipe d’Experts de l’association Kyusho France. Après avoir suivi le cursus de formation, je valide après examen ma ceinture noire 1er Dan de Kyusho Jitsu D.K.I (Dillman Karaté International) À aujourd’hui, je continue mon perfectionnement dans chacune de ces disciplines et je suis régulièrement des stages dans d’autres disciplines de combat pour enrichir mes connaissances. Je m’occupe également, avec le soutien de ma famille, de mon nouveau club installé sur La Ciotat depuis 2012, le Shin Gi Tai Do, qui compte actuellement plus de 160 élèves.

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